L'histoire d'une rencontre marquante

 

BATANES

 

Quand un cubain arrivé au Québec dans les années 80 propose de faire découvrir les Bata à 2 jeunes percussionnistes d'ici!

Homenaje al grupo Batanes -
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par Frank Ascaso, André Dupuis, Pierre Cormier et Lazaro René

 Aux débuts des années 80, Fidel Castro permet le départ de plusieurs cubains de l'île : les «Marielitos», c'est-à-dire ceux qui s'embarquent au port de Mariel pour aller à Miami. New-York, ville où la musique latine est alors principalement influencée par les portoricains, voit arriver certains de ces cubains dont  Orlando «Puntilla» Rios et Daniel Ponce qui s'y installent. 

Frank Ascaso (ibae ibaen tonu), un afro-cubain marié à une québécoise arrive à la même époque à Montréal. Alors qu'ils jouent dans un des nombreux club de la ville, Pierre Cormier et André Dupuis font la rencontre de ce cubain qui vient accompagné du flûtiste Jose Fajardo alors qu'ils viennent les voir jouer.  Si à l'époque, les influences musicales des percussionnistes québécois provenaient principalement de nos voisins du sud, Frank Ascaso  propose de leur enseigner les tambours Bata... Ce qui leur ouvre des horizons complètement nouveaux et qui modifie profondément leur trajectoire professionnelle : c'est le début de l'aventure afro-cubaine à Montréal (et en particulier  celle des tambours Bata).

C'est au sous-sol d'un ami percussionniste Jean Guy Nolet que se font les premiers cours de Bata à Montréal. En 1981, à New-York, il avait participé à l'enregistrement du disque Totico y su Rumberos auprès de Puntilla et Daniel Ponce où il y jouait l'okonkolo sur la pièce Oferere.

Avec l'arrivée de Lazaro René en provenance de Miami quelques mois plus tard, les quatre s'associent pour former un groupe : Batanes qui enregistre en 1982 le premier album de musique traditionnelle afro-cubaine produit au Québec par Pierre Cormier sous la direction de Frank Ascaso.

Frank Ascaso devient propriétaire d'un club fameux de la rue Sainte Catherine appartenant à Doudou Boicel, le Rising Sun, qu'il renomme le Songe Tropical. Le groupe s'y produit toutes les semaines. Parallèlement, Frank Ascaso propose aussi occasionnellement des ateliers spéciaux  de danse afro-cubaine accompagnée par ses amis percussionnistes : les premiers cours de danse afro-cubaine à Montréal! Quelques années plus tard, il quitte le Québec pour la République Dominicaine où il décédera. 

Trente ans plus tard, André Dupuis, son élève, devenu Omo anya, poursuit une grande tradition et devient également propriétaire du premier jeu de tambours Bata sacrés (uniquement utilisés lors de cérémonies). Il sera le premier à en jouer lors d'une cérémonie (un Tambor) au Québec.

Frank Ascaso fût un homme, touche à tout, inspiré et dynamique qui a su marquer durablement les gens qui ont bénéficié de ses connaissances.